Votre projet de reprise en une page
Exemple : artisanat (boulangerie)
- Un projet flou attire des dossiers flous. Une page claire devient votre filtre pour dire « non » à 90 % des affaires.
- 6 blocs à remplir : cible, budget, votre rôle, critères non négociables, timing, votre « pourquoi ».
- Cette page est aussi votre argumentaire face aux intermédiaires : un repreneur précis est un repreneur qu'on rappelle.
- Elle se rédige en une heure — et vous fera gagner des mois.
Avant de regarder la moindre annonce, écrivez ce que vous cherchez. Pas dans votre tête — sur une page. C’est l’exercice le plus rentable de toute votre recherche : il transforme une envie vague en projet pilotable, et vous évite de perdre des mois sur des dossiers qui ne vous correspondent pas.
Pourquoi une seule page
La contrainte d’une page vous force à trancher. Tant que votre projet tient en « je cherche une entreprise pas trop chère qui marche bien », vous n’avez pas de projet — vous avez un souhait. Les cédants et les intermédiaires le sentent immédiatement, et ils passent au repreneur suivant. À l’inverse, un projet net inspire confiance et vous positionne comme quelqu’un de sérieux et de finançable.
Les 6 blocs de votre page
- Votre cible. Secteur(s), taille (fourchette de CA et d’EBE), effectif, zone géographique. Soyez précis sur ce que vous ne voulez pas.
- Votre budget. Apport personnel disponible, capacité d’emprunt estimée, ticket d’acquisition maximal réaliste.
- Votre rôle après la reprise. Dirigeant opérationnel à plein temps ? Manager qui délègue ? À distance ? Cela change radicalement le type de cible.
- Vos critères non négociables. Rentabilité minimale, pas de dépendance excessive au dirigeant actuel, pas de secteur en déclin structurel, etc.
- Votre timing. Quand voulez-vous signer ? Combien de temps consacrez-vous à la recherche chaque semaine ?
- Votre « pourquoi ». Votre motivation profonde. Utile pour tenir dans la durée — et précieux face à un cédant, qui vend souvent à celui en qui il a confiance, pas au plus offrant.
Un exemple complété — reprise d’une boulangerie-pâtisserie
Voici à quoi ressemble la page d’une repreneuse, Léa, qui vise une boulangerie artisanale.
- Cible : boulangerie-pâtisserie artisanale, CA 300–600 k€, EBE ≥ 80 k€, 3 à 8 salariés, agglomération de Rennes (≤ 30 min).
- Budget : apport 70 k€, capacité d’emprunt ~350 k€, ticket max ≈ 450 k€.
- Rôle : dirigeante opérationnelle à plein temps, en boutique et production.
- Non négociables : rentabilité prouvée sur 3 ans, matériel aux normes, pas de dépendance à un seul gros client, bail commercial sécurisé.
- Timing : signature sous 9 mois, 8 h/semaine de recherche.
- Pourquoi : reprendre un savoir-faire vivant, transmettre une équipe, être maître de son outil de travail.
Regardez la puissance de cette page : dès qu’une annonce sort de ces clous — une boulangerie à 1,2 M€ de CA, ou à 80 km, ou dépendante d’un contrat cantine — Léa la met de côté sans hésiter. Elle ne subit plus le marché, elle le trie.
Votre page n’est pas gravée dans le marbre : elle évoluera avec vos rencontres et vos premières visites. Ce qui compte, c’est qu’à tout moment vous sachiez dire, en une phrase, ce que vous cherchez et pourquoi.
À retenir
- Un projet écrit sur une page vaut mille intentions dans la tête.
- 6 blocs : cible, budget, rôle, non négociables, timing, pourquoi.
- Cette page est un filtre (dire non vite) et un argumentaire (inspirer confiance).
- Elle évolue, mais vous devez toujours pouvoir résumer votre projet en une phrase.
Exercice
Ouvrez le canevas et remplissez les 6 blocs, même imparfaitement. Objectif : une version 1 en 30 minutes. Vous l’affinerez, mais vous ne chercherez plus jamais « au hasard ».